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mardi 13 avril 2010

It was a chemical warfare

J'étais partie pour vous parler de pâté en croute et de Vampire Weekend, mais je me suis rappelée que le dernier Besnard Lakes était sorti. "Quoi de quoi? Qui? Encore un de tes groupes garage des années 60?". Même pas. Juste un groupe Canadien -de Montréal même- encore trop peu reconnu. Leur dernier bijou Are The Dark Horse ambiance Shoegaze "je te laisse avec une corde après une écoute ininterrompue de leur album tu te pends" était tout simplement le meilleur album de 2007 à mes yeux. Maintenant que le recul des années peut nous permettre de telles affirmations -enfin il est toujours trop tôt. Je crois que j'étais allée voir tout ça de plus près après d'excellentes critiques et parce que la pochette était magnifique, figurant un cheval noir -ça va, le lien avec le nom d'album n'est pas trop dur à trouver?- entouré de flammes lui léchant les jarets. Le contenu était tout simplement merveilleux, à condition de supporter la voix parfois dans des aigus un peu irritants de Jace Lasek. D'ailleurs le groupe est à l'origine composé d'un vrai couple irl leader. Sachant que ce mec est un peu un touche à tout et un producteur fantastique (au hasard Patrick Watson). En plus le tout était signé sur Jagjaguwar, petit label gage de qualité. Si le coeur vous en dit, je vous suggère de creuser la question avec attention.
Donc, qu'attendre de Are The Roaring Night? Tout simplement la suite idéale à Are The Dark Horse. La pochette a l'air d'être du même artiste -j'ai été incapable de mettre la main sur son nom, si vous le savez faites moi signe- et le son donne toujours autant l'impression que le monde autour de vous est près à s'écrouler. Souvent comparés à leurs comparses d'Arcade Fire, ils ne sont pas une pâle copie d'un groupe contemporain à succès. Ils font quelque chose de radicalement différent, sûrement trop pour être apprécié du grand public ou de la hype et qu'aucun concept-étiquette ne peut décrire. Les chansons sont toujours pleines de cette mélancolie bruitiste délicieusement planante qui plaira à tous les amateurs de Shoegaze, le tout étant popisé -je me permets même d'inventer des mots pour eux oui- par les voix, qu'elles soient féminines ou masculines -enfin des fois elle fait un peu émasculée la voix masculine mais bon. La mélodie est aussi mise au centre de l'attention, les voix sont mises en avant, et ce pour mon plus grand bonheur -c'est quelqu'un qui pourrait donner sa vie pour les Beatles qui vous parle. Et les solos dégoulinants sont toujours présents aussi (The Living Skies). Bonheur.
En bref, courez écouter ça sur Spotify puis allez acheter ça chez le disquaire du coin. Des artistes de ce calibre méritent d'être encouragés. C'est un investissement sur longue durée, à chaque écoute vous découvrez des détails qui vous avait échappés. Ah oui, et si vous ne voulez pas finir sous Xanax tout de suite, écoutez d'abord Are The Roaring Night, il est quand même "plus lumineux" que Are the Dark Horse même si tout ça c'est relatif, vous ne vous mettrez pas à dancer sur la table de votre salon.